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Le blog de Jean Roche - BETEN International

L’Ukraine, le nouveau Far East ?

16 Mai 2011, 11:21am

Publié par jeanroche

Auteur : O. Bougamont, J. Payoux, G. Lemaitre

Publication : novembre 2002, Perspectives agricoles

 

Située au carrefour de l’Europe Centrale, l’Ukraine vit depuis 10 ans une indépendance difficile. Toutefois, ce pays aux dimensions de la France (60 millions d’hectares pour 50 millions d’habitants) se redresse. L’ancien grenier à blé de l’URSS a réalisé une récolte de blé record en 2001 de 21,2 millions de tonnes et exporté plus de 5,3 millions de tonnes sur le marché mondial ! Alors l’Ukraine serait-il nouveau Far East ? Un des rares Français installé en Ukraine témoigne.

Le grenier à blé de l’URSS s’est vidé.

Photo BERDITCHEV Mai 2004 012Des sols exceptionnels

 Ancien grenier à blé de l’Union Soviétique, l’Ukraine doit ce surnom à la qualité exceptionnelle de ses sols, les « tchernoziums ». Avec des taux d’humidité élevés  (5%) et des profondeurs pouvant atteindre 2 m, ces terres noires sont propices à la culture des céréales. Leur simple fertilité naturelle peut donner des rendements en blé de l’ordre de 30q/ha ! Avec 42 millions d’hectares de terres agricoles dont 80% de terre arables, les tchernoziums représentent 25% du territoire ukrainien.

Mais un climat contraignant

L’Ukraine bénéficie d’un climat continental à l’intérieur et de type méditerranéen sur le littoral de la mer Noire.  Les précipitations moyennes annuelles varient de 300 mm à 700 mm. Elles diminuent régulièrement avec un gradient décroissant du nord-ouest au sud-est. La répartition de cette pluviométrie est très hétérogène.  Les précipitations se concentrent au début de l’été et pendant l’hiver, alors que l’automne et le printemps sont plutôt secs ce qui peut perturber fortement le cycle végétatif du blé.  

Jean Roche, PDG de la société BETEN, est un des rares Français à avoir tenté l’aventure ukrainienne. Il nous raconte son expérience à la recherche de l’eldorado slave.

Les céréales prédominent

Qui n’a pas rêvé de pouvoir venir s’installer comme agriculteur sur ces fameuses plaines d’Ukraine recouvertes, selon les endroits, de plusieurs mètres de tchernozium, si riche. Du rêve à la réalité, il n’y a qu’un pas, parfois grand, qu’il faut oser franchir. Ce pas, après une mûre réflexion, notre équipe l’a vraiment franchi en s’installant à Berditchev, district situé à 150 km à l’ouest de Kiev, capitale de l’Ukraine, lieu ou autrefois, un Français célèbre a vécu. Il s’agit d’Honoré Balzac qui s’y est marié avec la Comtesse Hanska.  

Les conditions sont-elles favorables ?

Mais au-delà de l’histoire, notre aventure passionnante a commencé par une étude détaillée sur les conditions dans lesquelles on pouvait raisonnablement s’installer comme agriculteur en Ukraine.

Conditions techniques

On choisira la région en fonction des types préférentiels de culture que l’on souhaite faire :

-          L’Ouest pour les céréales, la betterave à sucre, le houblon, etc…

-          Le Sud pour le tournesol, le maïs, les céréales, les fruits et les légumes. Mais dans ce dernier cas, l’irrigation sera quasi obligatoire pour une régularité de rendements.

Conditions juridiques :

Des mesures juridiques nouvelles sont venues réveiller ce monde endormi et ont été l’un des facteurs importants du lancement de notre projet. Il s’agit de :

-          La décision, fin 1999, par un oukase présidentiel, de privatiser définitivement l’exploitation de tous les kolkhozes, ce qui a été effectif à 99% dès le 1 avril 2002,

-          La mise en chantier dès 2000 d’un nouveau code foncier, qui, après quelques tergiversations, a été finalement publié en novembre 2001. Ce code a jeté les bases légales et modernes devant permettre un redéploiement de l’agriculture ukrainienne. Il autorise notamment :

-          - les étrangers à louer pour une durée pouvant aller jusqu’à 50 ans (prix moyen de location entre 25 et 30€/ha/an pour les terres non irriguées),

-          Les personnes physiques ukrainiennes et les personnes morales de droit ukrainien à pouvoir acheter des terres à partir du 1er janvier 2005 (un étranger peut contrôler à 100% une personne morale de droit ukrainien), 

-          La création d’entreprises de tous types de forme pour exercer dans le secteur agricole (SA, SARL, coopérative agricole, entreprise agricole collective, exploitation individuelle).

Conditions commerciales :

-          Le marché agricole de l’Ukraine est relativement libre et peut, selon les produits, se développer aussi bien sur le marché de consommation local qu’à l’exportation.

-          La concurrence est encore assez faible pour de nombreux produits, et si certains sont vendus au cours mondial (blé, tournesol), d’autres peuvent bénéficier des conditions plus favorables (betterave à sucre, maïs doux, tomate, légume ; les premiers supermarchés s’installent). Il ne faut pas oublier la proximité d’un énorme marché, celui de la CEI et principalement de la Russie.

Du projet à l’entreprise

Compte tenu des éléments suffisamment favorables décrits ci-dessus, notre société a donc décidé de se développer en Ukraine dans le secteur agricole en créant deux structures complémentaires dans leurs activités :

-          La société BALZAC qui possède un ensemble de machines agricoles qui ont été importées et forme son capital. Elle fonctionne comme une entreprise de travaux agricoles traitant environ 3 000 à 4 000 ha de chantiers divers (labours, semis, moissons,…)

-          La société COLZA qui exploite actuellement 450 ha et prévoit de s’éteindre progressivement sur environ 1000 ha.

La première année de présence en 1999 a permis de faire connaissance avec ce milieu et de réaliser les tests de culture en partenariat avec des kolkhozes encore dans l’ancien schéma étatique. La deuxième année a été principalement consacrée à la maîtrise administrative et juridique des terres, selon un processus un peu compliqué qu’il nous a fallu apprendre et comprendre. Il s’agissait d’abord de collecter auprès des anciens kolkhoziens volontaires, dit « possesseurs de parts », leur certificat de propriété  de terre (environ 3 ha chacun).

Ensuite, il fallait les regrouper en les faisant enregistrer au nouveau service du cadastre du district en deux parcelles respectivement de 200 et 250 ha. Photo-Visite-CRIMEE-Juillet-04-013.jpg

Notons que depuis notre implantation, nous sommes régulièrement sollicités pour reprendre des sous-ensembles d’anciens kolkhozes situés autour de nos terres. Ces derniers représentent des parcelles allant de 250 à 750 ha. Ce type de proposition ne devrait plus exister dans les deux ou trois années à venir au fur et à mesure de l’implantation des investisseurs locaux ou étrangers. Déjà les Allemands, les Italiens, Les Autrichiens, les Américains… sont présents, et on s’interroge sur la venue des Français !

 

 

Pour nous joindre

Si vous décidez de nous rendre visite, merci de nous contacter. Nous pourrions vous aider à organiser votre voyage dans les meilleures conditions et vous accueillir « à bras ouverts ».

En France

Société BETEN, Jean Roche

Port. 06 07 63 25 91

Fax. : 0143911314

E-mail : contact@beten.org

 

En Ukraine

A Kiev :

BETEN

Tél. : 00 38 044 2386305/07

Fax : 4620303

E-mail : roche@beten.kiev.ua

 

A Berditchev :

Sociétés BALZAC et COLZA de la SALLE

Tél./Fax 00 38 041 43 22056

E-mail : arnaud.de.la.salle@caramail.com

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