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Le blog de Jean Roche - BETEN International

Des céréales aux plantes aromatiques et aux huiles essentielles

16 Mai 2011, 10:35am

Publié par jeanroche

Un jour, alors que j’assistais à un symposium sur les plantes aromatiques et à parfums à Digne, lors d’une visite familiale à mes parents retournés vivre dans les Alpes de Hautes Provence, par pur curiosité et intérêt général sur ces plantes, je fus abordé par un industriel grassois qui me demanda pourquoi le monde habituellement fourni en large quantité par la Russie en huiles essentielles typique de la zone Pays de l’Est comme la sauge sclarée, la coriandre, etc. ne semblait plus recevoir une goutte de ces produits.

 

Que ce passait-il donc en production ? Personne n’avait trop envie de faire le voyage dans ces froides contrées, et se « frotter à la mafia » voire à la corruption forcément virulente. Encore les clichés ! Je me fis un plaisir d’enquêter pendant 6 mois dans la zone et découvrit qu’à l’époque de l’Union Soviétique, certains kolkhozes étaient spécialisés dans la production de ces plantes uniquement et alimentaient d’énormes usines qui produisaient en effet des quantités phénoménales d’huiles essentielles destinées en grande partie au marché local (applications en savonneries, médicales, industrielles, etc.) mais aussi comme monnaie d’échange sur le marché international pour d’autres biens de consommation que l’URSS ne produit pas. Tout cela était géré de Moscou par les frères GAUBERT, aujourd’hui disparu, et la une centrale d’achat la SOGO. A l’éclatement de l’Union Soviétique, ce marché a été totalement désorganisé.    

 

D’ailleurs ces productions dites « russes » dans les formules de nos parfumeurs grassois provenaient en fait pour la plupart à 80% du pourtour de la mer noire, c’est-à-dire de  l’Ukraine mais aussi la Moldavie, la Géorgie, etc.  Les kolkhoziens de ces régions n’ayant aucune idée où se vendaient ces produits non comestibles, et à une époque où internet ne fonctionnait pas encore, ont fini par arracher leurs cultures de lavande, de rose, etc. pour pouvoir planter des productions comestibles et survivre. Sans parler des unités de transformation à l’abandon, et totalement pillée.

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